Retour à l’École : le début d’une nouvelle aventure !

De mes premiers pas en autonomie avec les stages « Montagnes de la terre » aux bancs de l’ENSA (École Nationale de Ski et d’Alpinisme), c’est un long parcours qui s’achève ce mois de Juillet par la réussite au probatoire du guide ! Et une belle aventure qui commence en Septembre avec au programme un peu plus de trois années de formation, et la possibilité de commencer à travailler « sérieusement » en tant qu’aspirant-guide en Juillet prochain… Pour continuer à faire vivre ma passion des Alpes ! Retour sur 3 années de préparation…

Levé de soleil sur l'arête N du Weissmies
Christine sur l’arête N du Weissmies, une belle course dans la liste…

Passer le proba du guide est toujours une longue histoire : à minima, il faut trois ans pour compléter la liste de course (39 voies sont demandées sur une période d’au moins trois années) permettant de s’inscrire à l’examen ! Le plus facile est fait, et nombreux sont ceux qui ne réussissent les épreuves techniques qu’après plusieurs essais…
Pour ma part j’ai décidé de me lancer dans le grand bain en 2016 après avoir constaté que mon boulot d’ingénieur ne m’épanouissait plus, au contraire de l’encadrement bénévole en alpinisme que je pratiquais à fond depuis deux années. Pour passer de la salle blanche à la Vallée Blanche, il allait falloir s’entraîner sérieusement !

16072016-IMG_0089.jpg
Encadrement bénévole à la Pointe des Boeufs rouges avec une belle bande !

Après une dizaine d’années à crapahuter dans les Écrins, il ne me manquait pas beaucoup de courses pour obtenir le « précieux sésame ». Une bonne disponibilité pour faire le mixte et quelques « guet-apens » tendus aux copains et en Décembre me voilà à la poste avec le dossier d’inscription dans les mains…

Une fois tombées les premières neiges, c’est lesté de toute mon innocence et d’un sac de 20Kg que j’entreprends de préparer la première épreuve du probatoire : la tant redoutée épreuve de ski, qui « vaporise » chaque année un tiers des candidats dès le mois de Mars. Car à l’ENSA les espoirs sont vites douchés, chaque épreuve est éliminatoire…
J’arrive le jour J la bouche en cœur et me retrouve bien vite dans le bain : l’ambiance est tendue et tout le monde est sur les nerfs ! La liste de courses est examinée le premier jour par un jury de deux personnes, une épreuve stressante mais qui se passe bien quand la liste est sincère.
C’est le soir au briefing que ça se complique pour moi quand je découvre que l’épreuve de ski se joue à la descente et qu’une très bonne technique est attendue ! La catastrophe se confirme le lendemain. J’ai plus de 30mn d’avance sur la barrière horaire à la montée, mais je réalise une descente digne des bronzés. Avec 4,5/20 et 9/20, je suis loin du compte et mon passage au « bureau des pleurs » pour un debriefing ne fais que confirmer l’évidence : je dois prendre des cours de ski !!

IMG_20190208_124939.jpg
Reconstitution du proba 2017

Retour à la poste en Décembre 2017, avec en plus du dossier d’inscription au proba celui pour le CRET : cet organisme qui dépend de la CCI Hautes-Alpes organise des formations aux métiers de la montagne et notamment au probatoire du guide !
Avec trois semaines en Janvier et Février, je vais pouvoir découvrir et acquérir les notions techniques exigées par l’ENSA. J’apprendrai dès le premier jour que je ne suis doté ni « d’anticipation », ni de « dissociation » et encore moins de « jeu vertical ». Allégé de mon égo, je vais pouvoir faire de gros progrès grâce à quatre formateurs au top et des journées qui nous laissent chaque soir sur les rotules ! Les matinées sont consacrées au travail technique : d’abord des éducatifs pour (re-)voir les bases du ski, puis des tracés imposés en hors-piste qui nous poussent dans nos retranchements et provoquent des chutes parfois spectaculaires…
Les après-midi sont souvent consacrés à faire du volume sur de grands hors-pistes : attention, essayer de suivre un formateur dans les sapins est une activité à risque 😀

En Mars 2018, je prends le départ de l’épreuve de ski pour la seconde fois. J’ai réussi les deux proba blanc organisés par le CRET et je suis au niveau physiquement. Heureusement car cette année la montée est particulièrement exigeante : 1500m de D+ à 700-750m/h avec un sac de 7Kg et un peu de plat, le parcours verra beaucoup de hors-délais dont certains seront repêchés… De mon coté je chute bêtement au second atelier en voulant être trop offensif, ça ne passera encore pas cette fois…

Pas question de se décourager pour autant, je suis bien décidé à poursuivre l’aventure et à me donner toutes les chances pour 2019 ! En Mai il reste des places au CRET et je peux participer aux formations estivales (voir la vidéo du CRET) sur la semaine de terrain varié (épreuve en grosses chaussures du proba, escalade/désescalade/course dans les blocs) et de course d’orientation. En Juillet je quitte mon travail d’ingénieur pour me consacrer à plein temps à l’entrainement : ce sera l’événement décisif car en étant plus disponible moralement et physiquement, je vais pouvoir « muter » et atteindre un niveau suffisant pour aller sereinement au probatoire…
Le plus délicat pour cette troisième année de préparation sera de gérer l’impact qu’elle a sur les autres, et surtout sur ma compagne… La pression de la liste de course (qui a changé en 2018, et encore cette année) qu’il faut renouveler et améliorer pousse parfois à faire de mauvais choix. De manière générale, chaque sortie prend un caractère d’entrainement et parfois le plaisir passe trop au second plan… Merci Cricri pour ta patience et ton soutien 🙂

Bivouac aérien face aux Ecrins
Arête de Coste-Rouge, un mauvais choix d’itinéraire mais un bivouac magnifique…

En Décembre 2018 rebelote : la poste achemine mes dossiers à l’ENSA et au CRET, je retourne faire mes gammes à Serre-Chevalier, et j’arrive au proba ski avec une marge plus confortable pour ce troisième round ! Pas de KO technique.
Le printemps se passe très vite entre sorties à ski pour découvrir les alentours de Passy où nous avons déménagé et entrainements d’escalade !

Début Mai 2019 commence la dernière ligne droite. Sept semaines d’entrainement dont 5 au CRET afin de « poncer » chaque épreuve et acquérir une forme physique d’enfer. L’escalade en grosse, la course dans les blocs, le cramponnage en 10 pointes et l’orientation n’ont plus (autant) de secrets pour nous ! Le groupe est homogène et très soudé, ce qui nous tire tous vers le haut (plus de la moitié de la promo est passé par le CRET !!)… La septième semaine est consacrée à l’évolution en montagne avec deux jolies courses autour du refuge Adèle Planchard : il faut bien ça pour se rafraichir les idées après avoir fait les « hamsters » en fonds de vallées !

Après une semaine de repos total, voilà le moment du sprint final : le probatoire reprend avec une semaine d’épreuves techniques. Au menu : orientation le lundi après la remise des dossards, glace le mardi au Tour, terrain varié le mercredi à Vallorcines et escalade le jeudi à Gietroz !
La première épreuve est peu sélective, nous avons 1h30 pour trouver 6 balises « faciles » sur un parcours de 300m de dénivelé et quelques kilomètres. Une seule personne est éliminée.
C’est à la glace (l’épreuve de 2011 en vidéo) que ça se jouera cette année. Nous sommes notés sur deux ateliers « 10 pointes » avec piolet classique, plus un atelier de piolet traction. Sobriété, efficacité et sureté sont exigées pour obtenir la moyenne, et seuls 50 candidats seront admis sur les 75 qui ont pris le départ !! Autant dire qu’en ayant mon nom sur la liste ce soir-là, il fut difficile de me calmer pour dormir…
Au terrain varié on nous proposera une épreuve « accessible » avec une voie de dalle en grosses (6a sur petites réglettes), une désescalade sans surprises et un parcours de bloc très roulant où l’on peut lâcher les chevaux…
Reste l’escalade qui est pour moi l’épreuve la plus stressante, on nous impose deux voies en 6c qu’il faut parcourir à vue et avec un temps contraint : la réussite d’une des deux voies conditionne le succès de l’épreuve. Bien qu’ayant de la marge sur le niveau, la gestion du stress est délicate et celui-ci peut faire tout foirer…

zs1iqm.jpg
Tout se passe dans la tête…

Maintenant que nous avons réussi toutes les épreuves techniques, la pression a bien diminué mais il faut rester concentré : il reste la « semaine d’évolution en montagne » durant laquelle nous sommes évalués sur notre capacité à réaliser des courses en sécurité et à transposer en « milieu réel » les capacités démontrées au probatoire.
Après une journée de révision des manips de sécurité aux Gaillands avec notre groupe (3 candidats pour un jury, avec 2 groupes qui fonctionnent en binôme), tout le monde est sur la même longueur d’onde et nous préparons notre première course à la bibliothèque de l’ENSA : escalade en grosses à la Rébuffat de l’éperon des cosmiques.
Une météo moins clémente que prévue nous fera changer de plan et nous réaliserons la course prévue pour le lendemain : la classique traversée Midi-Plan en aller/retour. Les conditions sont moyenne, c’est déjà très sec en faces N…

Nous poursuivons avec la voie normale du Peigne, une belle classique rocheuse qui met à l’épreuve nos capacités d’adaptation en évolution simultanée !
Le jeudi nous changeons de jury et de type de course : on va grimper sur le beau granit du Grand Capucin dans la voie des Suisses (sortie O Sole Mio), une journée fabuleuse…
On finit la semaine par une autre voie de « trad », cette fois sur le Gneiss du Brévent : ce sera une voie récente qui propose une fissure magnifique en troisième longueur, « Retour à la Bretagne ».

Vendredi aprèm après le débrief individuel avec notre jury, c’est la délivrance : je suis admis au probatoire et je vais entrer en formation en Septembre… Un grand calme s’installe à la place de toute la pression accumulée ces dernières semaines !! Et bientôt c’est une autre pression plus savoureuse qui m’envahit 😉
Un nouveau chapitre commence, et j’ai hâte d’en écrire les pages !

Retour à l’école : Une belle semaine à ski autour de Chamonix

Après une semaine de formation à la nivologie, puis une seconde semaine axée pédagogie et conduite de groupe qui s’est terminée par deux belles sorties avec des « cobayes », la formation du guide de haute montagne se poursuit sur les skis. Au programme de cette troisième semaine : du secourisme, du ski sur glacier et de la pente raide !

23012020-IMG_1347.jpg
Vers la salle à manger, vallée blanche

On attaque la semaine par deux journées de secourisme. D’abord des études de cas en salle puis sur le terrain pour parler de différentes urgences : hypothermie, gelures, réanimation cardiaque, détresse respiratoire, gestion d’un secours en avalanche… Des situations qu’un guide doit malheureusement savoir gérer au mieux pour donner l’alerte et faire les gestes de premier secours.
On continue le lendemain avec le secours en crevasse du coté de la vallée blanche. Objectif : être capable d’enrayer une chute en crevasse à ski avec un encordement adéquat (pas de nœuds de freinage par contre pour cet exercice) et de se sortir de la crevasse en remontée sur corde. Nos formateurs nous ont trouvé pour cela de belles crevasses dans lesquelles on peut se jeter en étant contre assuré sur un corps mort en cas d’échec ! L’exercice, évalué, est réussi par tous les stagiaires 🙂 On retiens cependant qu’il n’est pas si simple de réaliser son ancrage avec le copain pendu dans le vide, et qu’il vaut mieux partir avec suffisamment de matériel notamment sangles, cordelettes et mousquetons.

Après ces deux journées où nous avons peu skié, on se rattrape en beauté les trois jours suivants. On commence par un grand tour du coté de Notre-Dame de la Gorge, pour aller skier le « couloir à Zub » en passant par les cols de la Fenêtre et du Bonhomme. Une petite bambée de 21 km entre Contamines et Beaufortain qui avait plus d’intérêt « touristique » que skiant, la neige étant très abimée par le travail du vent. Le couloir à Zub était le seul moment de « bon » ski sur une neige dure et lisse. Le reste de la descente nous a donné l’occasion de pratiquer la « trace unique » qui permet de faciliter la vie à ceux qui suivent le leader, la couche de croute ou de carton étant cassée par celui-ci.

Nous changeons de massif et d’ambiance le lendemain, direction la face SE du col d’Entrèves, une belle randonnée glaciaire avec une descente à 45° au dessus de Courmayeur. On commence à bien connaitre l’arête de l’Aiguille et la montée vers le Col d’Entrèves, mais nous passons par un itinéraire différent pour « varier les plaisirs ». Certaines crevasses que nous franchissons sont gigantesques et on ne regrette pas d’être encordé pour franchir les ponts de neige…

La descente du col est raide et exposée, avec des passages en neige dure dans le premier tiers : on y pratique l’assurage en pente raide et je dois avouer que l’exercice aura puisé dans mes réserves 😉 La corniche est franchie par Thomas pendant que je l’assure à l’épaule les skis bien plantés dans la neige, puis je le rejoins et nous parcourrons une traversée « à corde tendue » à 2m de distance (sur deux traces parallèles). Assurage qui peut servir mais qui ne laisse pas droit à l’erreur. Nous faisons ensuite quelques virages toujours assurés « en laisse » dans la pente puis nous échangeons les rôles et on range la corde pour finir la descente.

Après ce passage plus délicat, on se régale dans la combe du Glacier d’Entrève avec un beau peigne dans une neige facile à skier, puis nous nous échappons en bricolant sur une épaule rive gauche pour rejoindre un petit couloir caché. L’entrée sous une arche est magnifique, mais très raide et étroite au dessus d’un ressaut rocheux. On évolue donc assuré du haut, et après quelques beaux virages dans la pente étroite nous rejoignons un relais sur pitons. Un rappel en douceur (un des pitons est branlant et nous n’avons pas pensé à prendre un marteau…) nous permet de regagner une pente plus accueillante, puis nous plongeons facilement vers le téléphérique du Skyway.

Le retour se fait par la vallée noire que nous avions déjà parcouru la première semaine, sur une neige dure mais agréable, avec un passage très ésthétique dans la bédière (lit de rivière creusé dans la glace par l’écoulement de l’eau de fonte).

Finalement, nous profitons de notre dernière journée pour visiter une classique des Aiguilles Rouges, la Pointe Alphonse Favre. La montée au Col des Crochues est rapide et très tracée, de même que la montée par le couloir SW de la Pointe Alphonse Favre. C’est un très bel itinéraire classique et l’ambiance dans le couloir mérite une visite !

Nous testons sous le sommet les dernières techniques de corde qui n’ont pas été vues la veille : assurage sur un ou deux skis plantés dans la neige (plutôt efficace si l’on maintien le ski avec l’épaule ou la main ! ) et pelle éjectable.
Il ne nous reste alors qu’à descendre le couloir NW, pas toujours simple sur une neige froide dure et avec de nombreux passages avant nous. Passé le couloir, le ski est plus détendu avec une neige encore très bonne, et nous rentrons en train à l’ENSA pour un dernier cour en salle.
Place maintenant à une semaine de raid en étoile dans les Aravis et ce sera terminée pour l’Aspi 2 (formation ski de randonnée) !

Retour à l’école : premières expériences à ski avec des « clients »

Dans le cadre de la formation de guide, nous avons eu la chance avec Aurélia et PIM de passer deux journées en rando à ski en compagnie d’Élisabeth et Patrick. Objectif : la mise en application de la conduite de groupe avec deux « clients » sous la supervision d’un prof (Jean-Sé Knoertzer) qui nous a choisi des itinéraires de rêve et offert un excellent coaching.

16012020-IMG_8865.jpg
Le groupe au col de la Croix de Bron

Mercredi soir à la bibliothèque de l’ENSA, nous faisons le point avec Jean-Sé pour décider de la rando du premier jour : Élisabeth et Patrick sont expérimentés et connaissent déjà de nombreuses randos autour de Chamonix, le choix se fixe donc sur le tour de la Pointe des Grands par le col des Autannes et le refuge Albert 1er. Un tour sauvage et alpin très complet ! Après une première prise de contact dans Chamonix, on se retrouve le lendemain au parking du tour.

16012020-IMG_8926.jpg
Peu de traces pour ce tour sauvage

On emprunte les remontées pour attaquer directement sous le lac de Charamillon, que l’on rejoint en serpentant entre les reptations : ces plaques de fond qui se forment par glissement du manteau neigeux sur un sol lisse (herbes, dalles) non gelé sont très présentes cette année suite à un automne chaud… Certaines « gueules de baleines » (nom donné aux fissures dans le manteau neigeux) sont impressionnantes !
Au dessus du lac, une belle trace monte en direction du col des Autannes dont nous parcourront les derniers 200-300m encordés en crampons.

16012020-IMG_8848.jpg
Montée au col des Autannes

 

Changement de leader au col, je prend le rôle de photographe et Aurélia nous emmène en direction du Col de la croix de Bron puis du col 3094m qui permet de descendre sur le refuge Albert 1er. L’ambiance change et nous passons d’une pente raide à un grand vallon glaciaire, avec une très belle vue sur le glacier du Tour et le Chardonnet ! On croise quelques personnes mais la course est peu fréquentée à cette période.

Pour la descente, nouveau changement de leader et c’est PIM qui encorde Élisabeth et Patrick pour descendre la pente sommitale peu enneigée, puis qui nous mène jusqu’au tour en passant sous le glacier du Tour et ses séracs. La traversée sous le glacier demande un peu de prudence pour éviter quelques reptations qui attrapent les skis, puis nous aidons Élisabeth et Patrick à descendre un couloir en neige dure qui n’invite pas à la chute… L’occasion pour nous de découvrir les techniques de « parade » en dérapage ou en virage, et le ski avec encordement en « saturno » (une sangle fait le tour du skieur pour permettre à l’encordement de bouger librement lors d’un virage).
La fin sera par contre moins agréable avec une grosse coulée à traverser et quelques difficultés dans les boules gelées…

Vendredi, Élisabeth et Patrick sont de retour en forme malgré la grosse journée de la veille et une douleur au poignet pour Élisabeth après une chute dans les boules. On avait prévu d’aller au Glacier du Mort dans les Aiguilles Rouges, mais l’arrivée d’une perturbation nous fait préférer une vallée blanche !
Un excellent choix puisque nous parcourrons l’arête de l’Aiguille du Midi sous le soleil, et la descente du « petit Envers » (une variante plus alpine de la vallée blanche, sous l’Aiguille du Plan) avec une bonne visibilité.

On fait une pause au Requin pour apprendre la confection d’un « abri sibérien », abri de fortune qui peut se construire avec peu d’épaisseur de neige et quelle que soit sa qualité. Pas simple à réaliser avec une neige « sucre en poudre » mais effectivement, ça tient debout !
On poursuit par une superbe montée en peaux le long du glacier d’Envers de Blaitière, entre une grande paroi rocheuses et des séracs massifs. Montée qui se fait encordés, ce qui nous donne l’occasion de mettre en pratique tout ce que nous avons appris depuis début Janvier.

La descente est délicieuse dans une bonne neige froide avec peu de traces, la meilleure de ces deux jours ! Beaucoup de plaisir à skier, mais aussi à voir les progrès d’Élisabeth et Patrick : c’est agréable de sentir que notre formation porte ses fruits !
Merci et bravo Élisabeth et Patrick.

Retour à l’école : Stage alpinisme validé, le début du boulot d’aspirant guide !

Une page se tourne avec la validation du stage « aspirant guide 3 » ce vendredi : notre année de formation se termine, et nous pouvons enfin partir en montagne avec nos premiers clients. La Covid aura laissé un mois de « suspens » supplémentaire, mais à l’issue de quatre semaines riches en apprentissages et en belles courses, c’est l’aboutissement de plusieurs années de préparation ! Retour en image sur ce stage qui s’est joliment conclu aux lacs de la Terrasse par un plongeon vers notre nouveau métier.

06082020-IMG_2126.jpg
Plongeon dans le métier au Lac de la Terrasse !

L’aspi 3 est le stage clé de la formation de guide de haute montagne, celui où l’on apprend le cœur du métier mais aussi celui qui a le plus d’enjeux : comme il nous donne accès au gros du travail de guide, nous sommes attendus au tournant par nos profs !
Ce stage a normalement lieu durant le mois de juin, et prend des allures de marathon avec quatre semaines intenses physiquement et une grosse pression. Cette année, Covid oblige, notre stage s’est déroulé en deux fois deux semaines, avec en « bouquet final » les deux semaines « cobayes ».

06082020-IMG_2074
Un aspi heureux sur les Perrons

Les deux premières semaines nous ont vu arpenter les classiques « à client » autour de l’Aiguille du midi, et quelques belles escalades plus techniques pour valider notre niveau d’escalade en terrain d’aventure. Un programme varié puisque nous sommes parfois passé d’une escalade en T-shirt en face sud de l’Aiguille du Midi (voie Contamine), avec le lendemain une navigation à la boussole en direction des pointes Lachenal pour un parcours à l’ambiance hivernale !
Corde courte, techniques d’assurage en tout terrains, tout le « catalogue » y passe pour nous fournir des outils plus adaptés à notre nouvelle pratique professionnelle : les attentes ne sont plus les mêmes qu’en amateur…

Après quelques semaines de pause bien mises à profit dans les Écrins, nous sommes de retour en formation mais cette fois ce sont des clients (élèves d’application ou « cobayes ») au bout de la corde à la place des collègues : il est l’heure de mettre en application toutes les connaissances qui nous ont été transmises, et la pression est forte car il est hors de question de faire une boulette 😉
Pour la première semaine « de formation non évaluée mais évaluée » (formation certes, mais en cas de bêtise le couperet tombe quand même 😉 ), nous avons la chance d’encadrer trois clients déjà bien débrouillés, et l’accent est mis sur l’autonomisation pour essayer de leur transmettre un maximum pendant que nous réalisons les courses.
On commence par une école d’escalade pour revoir les bases à Vallorcine, avant de s’élancer sur la face Est puis la traversée des Crochues, un bel itinéraire pour tester l’aisance de nos clients en montagne.

La journée aux crochues s’étant très bien déroulée, on « coche » la journée via ferrata obligatoire dans le programme, et nous partons dormir au Plan de l’Aiguille pour réaliser une belle course : l’enchainement de l’arête des Papillons avec une option sur la voie normale du Peigne, bien que ce soit un programme très ambitieux.
On se régale sur l’arête, que nous parcourons sans soucis. Les progrès en grimpe « montagne » (fissures, dièdres, cheminées, et quelques dalles) du groupe font plaisir à voir et nous sommes ravis d’avoir trouvé « juste le bon niveau » pour le bonheur de chacun… On enchainera sur la voie normale jusqu’au sommet du gendarme 3043, puis nous redescendrons sagement pour ne pas arriver en bas à la nuit et sans remontées : une journée de 11h c’est déjà un bel effort ! Le lendemain, on en profite pour « faire bosser les clients » qui se forment à la pose de protections et aux manips sur l’école du Brévent 🙂

La seconde semaine avec « cobayes » prend une tournure différente, cette fois le groupe est un peu moins expérimenté, avec un élève qui débute en escalade ! La météo aussi a changé, et nous essuyons une bonne rincée aux Gaillands le premier jour… Pas grave, ça nous permettra d’aller en altitude et de faire une journée « ambiance hivernale » sur l’arête à Lolo très esthétique. Et puis l’omelette des Cosmiques est un régal 😉

On poursuit la semaine avec comme objectif l’arête Nord du Mont-Pourri, malheureusement un des élèves se blessera à l’épaule sur un mouvement d’escalade dans les dalles de Séloge, et nous quittons la vallée des glaciers pour un retour à l’ENSA voir le médecin :/

C’est donc à un de moins que nous attaquons les Perrons de Vallorcine, déçus pour l’absent mais ravis d’aller découvrir cette jolie classique à la vue fantastique entre barrage d’Emosson et Mont-Blanc.
Par ces temps de canicule, c’est une course idéale : le démarrage a lieu au petit matin, une légère brise nous aère sur l’arête, et les lacs de la Terrasse attendent les plus vaillants pour une pause vivifiante à la descente !
L’itinéraire tient toutes ses promesses, et nous finissons heureux et fiers de notre cobaye débutant qui s’est bien battu pour apprivoiser le vide.

Une dernière journée autour de l’Index, pris d’assaut par la majorité des groupes de l’ENSA, nous voit parcourir une petite grande voie avant d’aller débriefer avec nos profs : le tant redouté « conseil des jedis » ! Nous attendons tous le verdict autour de quelques bières, pour boire la pression plutôt que la subir, et le verdict tombe : toute la promo est reçue, il ne nous reste plus qu’à bosser 😉
Si vous avez des envies d’altitude pour passer l’été au frais et avec une vue à couper le souffle, n’hésitez pas à me contacter !

07082020-IMG_2145
Clém dans « Nez Rouge » à la Glière

Récits

Cette page regroupe les différents récits publiés par activités et par massifs.

Grandes courses :

Valais
Traversée du Zinalrothorn (Rothorngrat/Arête N)
Cervin, traversée Lion-Hornli

Alpinisme classique :

Valais
Traversée du Weissmies (Arête Nord / Arête SE)
Castor et Pollux, le but des alpinistes aux dents trop longues

Oisans
Traversée des arêtes de Sialouze
Voie « PDB » et Arête des Cinéastes, alpinisme en famille au Glacier Blanc
Éperon SE des Rouies

Belledonne
Balade sur le Toit de Belledonne (traversée Agnelin – Pyramide)

Alpinisme Neige/Glace/Mixte :

Queyras
Ceillac : Lavine de droite

Italie
Cascade de glace à Cogne

Écosse
Ben Nevis Style (1/5) : Tower Ridge
Ben Nevis style (2/5) : North-East Buttress
Ben Nevis style (3/5) : The cascade et Comb gully buttress

Escalades « Haute-Montagne » :

Mont-Blanc
Maillon Manquant et Nabot Léon, escalades en fissures à Chamonix
Escalades à Blaitière : Bobokassa, Tsarmania, Shah Perché

Aiguilles Rouges
De Chapelle en Index Crochues, escalade dans les Aiguilles Rouges
Aiguille de Praz Torrent, Voie Parat-Seigneur

Oisans
La Rouye, voie des Gapençais

Escalades « traditionnelles »

Dévoluy
Pic de Bure : Pilier Est, voie Desmaison

Chartreuse
Rocher du Midi, Voie de la grotte

Escalades « sportives »

« Deux Vauriens et une grimpeuse non-voyante », Cap Canaille
Escalade dans les gorges de la Jonte
Escalade au fil de l’eau : La traversée de la commune,Calanque de Sugiton

Raids à ski :

Massif des Écrins
Dôme des Écrins : Tour de l’Ailefroide et traversée du Dôme, récit en vers.
Grand tour du Chardonnet par les 7 cols

Ski de rando :

Autour de Passy
Mont Tondu : Combe du Nant
Aiguille du Gouter : Couloir Trappier
Brèche Puiseux en traversée
Traversée du Col de la Bûche : ski sauvage et via ferrata hivernale !
Les Quatre Têtes : face N
Une petite (En)trèves à la Vallée Blanche
Les couloirs du Chat Borgne d’Armancette
Essai non transformé au Col des Cristaux
Arête du Charmoz, errance à Emosson
Retour à l’école : premières expériences à ski avec des « clients »
Retour à l’école : Une belle semaine à ski autour de Chamonix

Autour de Grenoble
Chamechaude, Cornafion : un tour dans les classiques avant de déménager