La traversée de la Meije est une des classiques les plus réputées de l’Oisans, à juste titre ! L’itinéraire parcourt un sommet imposant et esthétique, bien visible depuis la Grave. C’est une ascension chargée d’histoire, ayant été pendant longtemps un des grands problèmes de l’alpinisme, et dont la réussite fut le fruit de nombreuses tentatives audacieuses ! Gravir l’arête du Promontoire, ce n’est pas seulement une journée d’alpinisme, mais aussi se confronter à un patrimoine culturel riche comme en témoigne les nombreux passages caractéristiques rencontrés (campement des demoiselles, dalle Castelnau, dalle des Autrichiens, cheval rouge, …). Chercher son itinéraire demande aujourd’hui encore une bonne expérience, et permet d’apprécier l’habileté et le courage des premiers ascensionnistes. Le rocher est généralement excellent, en particulier jusqu’au glacier carré, et offre une escalade agréable. L’équipement est resté très limité et classique, à l’exception du câble de la Brèche Zsigmondy (posé pour faire face à un éboulement en 1964) et des rappels. La traversée des arêtes permet de sublimer le sommet en chevauchant un fil aérien pour traverser jusqu’au refuge de l’Aigle.
De bonnes qualités d’alpiniste sont nécessaires pour réaliser cette course, qui met à rude épreuve la capacité des cordées à évoluer efficacement : recherche de l’itinéraire (de nuit dans le bas), gestion de l’encordement et de la sécurité, capacité à escalader efficacement dans le III+/IV sont les clefs pour arriver dans les temps au refuge de l’Aigle ! Nombreuses sont les cordées qui trouvent refuge là-bas tardivement, après une longue épopée… Mais l’engagement de la course et son exposition au mauvais temps (on évolue 3-4h au moins autour de 3900m sur une arête) demandent de l’aborder bien préparés pour éviter une mauvaise expérience.
Une autre solution par météo stable est de l’envisager avec bivouac : les sacs sont alors lourds, mais on s’offre de beaux moments aux crépuscules et toute l’ascension se fait de jour.

Vous souhaitez réaliser cette course avec un guide ? N’hésitez pas à me contacter.
Point de départ : Refuge du Promontoire (3092m) atteint par les Enfetchores
Niveau Technique : D-/IV, IV max (pas de 5a), 1000m
Historique : E. Boileau de Castelnau, P. Gaspard (père et fils) le 16/08/1877 pour l’arête du Promontoire.
L. Purtscheller, E. et O. Zsigmondy le 26/07/1885 pour la traversée depuis le Doigt de Dieu.
U. Almer, F. Boss, J.H. Gibson le 13/07/1891 pour la traversée vers le Doigt de Dieu.
Horaires : 4-6h jusqu’au Grand Pic puis 4-6h jusqu’à l’Aigle, 3h de descente de l’Aigle à Villard d’Arène.
Matériel :
Friends #0.3-#1, on peut doubler des tailles jusqu’au 0.75 pour le confort
6 dégaines
Crampons acier, piolet classique (piolet technique + troisième main utile si câble pas dégagé complétement !)
Matériel de sécurité sur glacier
Corde 2*50m
Conditions favorables : Glacier carré en neige, câble dégagé dans la Zsigmondy, rocher sec.
Itinéraire :
Les passages clés sont présentés en photo plus bas.
Attaquer à droite du refuge par des gradins jusqu’à la brèche du crapaud, franchir le mur raide par la gauche (pas du crapaud, III).
Poursuivre par l’arête cannelée (courts ressauts en III) jusqu’à une terrasse avec de gros cairn au dessus de laquelle l’arête se redresse, le campement des demoiselles.
Traverser à gauche et monter par des systèmes de cheminées (III) et vires jusqu’à prendre pied dans le couloir Duhamel.
Le remonter au mieux par des gradins (attention à ne pas mettre trop de corde, pierres posées), on gagne le pied de la muraille Castelnau, bon piton à droite.
Traverser à droite avec un pas en descente (piton au bout) puis gravir droit le ressaut suivant jusqu’à un relai (mur Castelnau, III+). Emprunter un système de vires humides et sableuses à droite. Suivre les traces de passage qui repartent en montée tout droit puis vers la gauche, quelques mètres avant de buter sur la muraille du glacier carré (pitons, pas de III+). Un système de rampes à gauche ramène sur l’arête (pitons et relais, pas de III+).
Franchir un bombé (dos d’âne, III+) puis partir à droite sur une étroite vire aérienne (vire aux encoches, Bon relai 1m en dessous en son bout).
Escalader deux cheminées (IV) puis rejoindre l’arête à gauche (dalle des Autrichiens) à un relai de rappels.
Contourner un surplomb par la gauche (pas du chat, III), poursuivre par des cheminées en dépassant un emplacement de bivouac, jusqu’à une dalle orientée S qu’on descend 5m pour trouver une vire avec un relai. Suivre la vire jusqu’au Glacier Carré qu’on gravit pour gagner la Brèche du Glacier Carré.
Escalader la face SW du Grand Pic en bordure de l’arête, en suivant les traces de passage (rayures de crampons, rocher nettoyé et blanchi), on trouve 3 relais de rappel sur chaîne. Poursuivre en ascendance à droite pour gagner le cheval rouge, une dalle rouge foncée bien visible. Le franchir (IV) et poursuivre sur l’arête par le pas du Capucin (III+) puis facilement au sommet du Grand Pic.
Du sommet, descendre une arête versant NE en direction d’une brèche avec relai sur cordes, puis poursuivre en désescalade vers le N pour trouvé un relai chainé.
Trois rappels (40m max, relais chainés) plutôt vers la gauche (face paroi) mènent à la Brèche Zsigmondy.
Suivre l’arête en direction de la Dent Zsigmondy (passages de III, pitons) jusqu’à trouver le câble qui descend en face N puis traverse. Le suivre jusqu’à retrouver l’arête, nombreux goujons et scellements, passage physique.
Poursuivre l’arête jusqu’à la deuxième dent, qu’on désescalade facilement (III/+, 20m) par un cheminement versant N : cordes sur un gros pieu visible, descendre droit dessous puis traverser à la brèche où on trouve un piton.
Gagner facilement la troisième dent que l’on désescalade, puis la quatrième dent au sommet de laquelle on trouve un bon relai (ignorer le précédent). Deux rappels de 25m permettent de gagner une brèche.
Poursuivre jusqu’au sommet du Doigt de Dieu.
Descente :
Du sommet, une désescalade facile en versant N amène à des terrasses où l’on trouve un relai chainé.
Un rappel de 40m permet de gagner une brèche, d’où l’on traverse facilement en direction de la Meije Orientale pour trouver une terrasse avec relai chainé à 30m.
Deux rappels de 40 puis 50m permettent de prendre pied sur le glacier. Pour le second rappel on peut utiliser le premier relai chainé ou un relai bien abrité situé 5m plus bas sous un surplomb (goujon et piton).
Suivre le glacier selon les conditions, en général plutôt vers la droite pour rejoindre la trace de la Meije Orientale puis à gauche pour gagner le refuge.
Autres sources :
Camptocamp
Topo-récit et stratégies avec bivouac
