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Topo – Stockhorn (Baltschiedertal) (3211m) : Arête S (des 5 tours), D+/III/600m

L’arête S du Stockhorn par les 5 tours est un splendide itinéraire d’alpinisme rocheux, sur une arête de granit longue et aérienne. Le rocher y est excellent, l’escalade assez soutenue dans le III/IV avec des passages plus difficiles, en particulier dans la 5ème tour qui est le passage « clé » de l’itinéraire. La présence de goujons dans les longueurs plus technique et de bons relais permet d’évoluer sereinement, malgré l’ambiance prenante ! Une course chaudement recommandée pour son escalade, mais aussi pour tout ce qui l’entoure ! Le bivouac non gardé au pied de l’arête est magnifique, et très confortable. La vallée du Baltschiedertal est grandiose, avec des dimensions impressionnantes et une grande variété de paysages. Les accès sont originaux, tant par le « bisse » (canal aérien à flanc de montagne) que par le tunnel. La longueur de la marche d’approche permet d’avoir une grande tranquillité, les candidats à l’ascension étant de toute façon limités à 12 par la capacité du refuge ! Les infos nécessaires à la logistique et à l’accès sont données en fin de topo.

Vous souhaitez réaliser cette course avec un guide ? N’hésitez pas à me contacter.

Point de départ : Stockhornbiwak (2598m)
Niveau Technique : D+/III, 5b ou 5c max (5a obligatoire), 600m
Historique : R. Aubert, A. Collini, R. Dittert, R. Lambert, F. Marullaz, G. de Rham, C. Thévenaz, A. Tissières, J. Weigle le 17/06/1945
Horaires : 5-7h du refuge au sommet, 1h30 de descente au refuge, 2h30 à 3h de descente du refuge au parking
Matériel :
Friends #0.3-#2 (demi jeu selon aisance)
10 dégaines
Encordement 50m préférable
Chaussons utiles pour la variante moderne, selon aisance pour l’itinéraire présenté ici.

Conditions favorables : Rocher sec sur l’arête et la descente

Itinéraire

Première tour
Du bivouac suivre une sente cairnée qui démarre à la bâtisse ovale 10m au dessus, et se dirige vers le pied de l’arête. Passer un couloir puis monter plutôt à gauche jusqu’à buter sur la paroi. Suivre des cairns en ascendance à droite puis un couloir de gradins à gauche jusqu’à une terrasse avec un cairn et un goujon (ne pas continuer sur une étroite vire cairnée menant à un relai sur goujons, c’est une variante nettement plus dure).
Franchir un mur cannelé (III) et suivre une vire cairnée à gauche, puis monter dans un couloir le long d’une crête, au sommet de laquelle on prend pied par un pas à droite (cairn).
Monter droit dans des dalles fissurées jusqu’à une brèche (4b, 30m, 4 goujons). Passer derrière le gendarme et reprendre le fil puis traverser à droite , relai sur goujons au pied d’une dalle.
Gravir la dalle (4c, 45m, 2 goujons, relai intermédiaire possible sur becquet) puis gagner le pied du ressaut suivant. Le franchir dans l’axe (45m, 4b, 4 goujons).
Continuer au sommet de la tour et la traverser pour trouver un goujon. Désescalade de 10m (3c) jusqu’à une vire terreuse, puis suivre une rampe à gauche (W) pour arriver à hauteur de la brèche, qu’on rejoint facilement.

Seconde tour
Suivre le fil jusqu’au pied d’une fissure-cheminée (goujon au pied). La gravir (4c/5a, 40m, 3 pitons et 1 goujon), relai sur goujons à sa sortie.
Continuer sur le fil (plutôt que par la gorge comme indiqué sur certains topos), 4a, on trouve un goujon pour faire relai à une petite brèche avant une dalle facile. Gagner le sommet et trouver un relai sur corde + goujon, rappel de 15m jusqu’à la brèche.

Troisième tour
Gravir la tour par le fil (3c) puis désescalader jusqu’à la brèche suivante, aérien mais facile (3c).

Quatrième tour
Démarrer à droite du fil puis le suivre jusqu’à buter sur le ressaut raide sommital (4b). Traverser à gauche (W) jusqu’à un relai sur goujons.
Descendre à la brèche en un rappel de 25m, goujon pour se vacher. On peut éventuellement fractionner ce rappel mais relai moins fiable et moins confort !

Cinquième tour
Il est possible après L1 de continuer droit par la variante moderne, équipée de goujons et relais sur goujons, 5c max, chaussons appréciables, voir tracé.
Partir droit par la ligne de goujons (variante moderne), 5b ou 4c et A0, 35m, relai sur goujons. On peut aussi passer à droite du fil pour rejoindre ce relai, itinéraire « classique », IV?.
Continuer facilement sur le fil, quand il se redresse, traverser à gauche dans une tache noire (goujon), éviter un premier surplomb et monter dans des fissures, 30m, 4c/5a, relai sur goujon et plaquette.
Partir à gauche (2 goujons) et passer un mur raide pour trouver une belle fissure-dièdre, traverser à gauche à son pied pour rejoindre une marche, 4c, 15m, relai sur goujon et piton.
Poursuivre au mieux au dessus du relai par un ressaut cannelé raide, jusqu’à l’arête, 4c.
Par le fil ou le flanc gauche, gagner le sommet de la tour, passages de 4b.

Sommet
Poursuivre facilement par le fil jusqu’à la croix, passages impressionnants de loin mais ne dépassant pas le III.

Descente :
Du sommet prendre un couloir/rampe versant N, bordant l’arête E. Poursuivre par un second couloir/rampe détritique en restant sous l’arête E, puis poursuivre la descente en restant toujours proche de l’arête, nombreux cairns à partir de ce point. Revenir sur l’arête vers 3060m (cairns) pour trouver un cairn puis des marques bleus versant S. A partir d’ici on suit toujous les cairns et marques bleus. Longer l’arête par ce versant en suivant les marques jusqu’à reprendre pied sur le fil plus large et éboulé.
Descendre par un couloir ou son flanc rive gauche jusqu’à une vaste zone d’éboulis, et gagner une brèche d’où l’on voit une belle paroi compacte rayée d’une fissure. Ne pas s’engager dans le couloir versant W (anneaux de rappels) c’est l’ancien itinéraire !
Poursuivre par une sente dans le flanc SE, terrain herbeux/terreux raide avec cairns et marques bleues, on arrive au dessus d’un couloir rocheux raide, un goujon permet de descendre en un rappel de 15m. Continuer la sente jusqu’à tomber sur un second ressaut rocheux raide, qu’on franchit par un nouveau rappel de 20m sur goujon. Des vires aériennes et de la désescalade facile permettent de gagner le pierrier, qu’on descend pour retrouver le sentier d’accès au bivouac (vu le terrain il n’est pas efficace de couper).

Aspects logistiques :
L’accès au bivouac se fait depuis l’épingle cotée 1265m à Ausserberg. Pensez à payer le droit de parking (5.25 CHF par jour en 2025, amende 100CHF), pour cela le plus simple est d’utiliser l’application « parkingpay » (création de compte rapide et facile sans justificatif, pensez à télécharger et rentrer vos infos en avance! ), chercher « Ausserberg puis « 2 Flurstrassen ».

La réservation de la cabane se fait sur ce site , les infos générales sont dispos en allemand ici. 12 places disponibles, merci de ne pas monter sans réservation le système est facile et permet une bonne gestion du lieu !

Il est possible de récupérer une clé à Ausserberg (boîte à clé) afin d’avoir accès à une malle avec des boissons (sodas, bières, vins) et de la nourriture (spaghettis et sauces tomate) au refuge. Pour cela contacter le gardien. Le nécessaire de cuisine (casseroles, couverts, assiettes, bols, tasses), le gaz avec 2 plaques et les couvertures sont disponibles au refuge.
Il faut monter un maximum d’eau depuis le dernier point d’eau qui est le torrent au point 1940m, avant de traverser par le pont. Au refuge on trouve une citerne remplie au printemps par l’eau de fonte, mais en réduisant votre consommation au minimum, vous permettez à tous d’en profiter y compris en fin de saison !

Le plus agréable est de monter au refuge en passant par le « Bisse » (le sentier démarre de l’épingle) qui est magnifique mais un peu expo (on gagne donc à y passer frais en début de séjour), puis par la voie Anna (on rajoute environ 1h, temps total 4-6h). Au retour on passera par l’accès classique et sa via-ferrata, puis par le tunnel qui démarre au point 1275 (panneau indicateur au croisement, qui mentionne l’itinéraire adapté au mauvais temps ou aux familles), un passage plat et frais coupant le chemin sur 1.6km jusqu’à la route ! Accès original, on gagne environ 20mn et on évite le chemin délicat du Bisse avec la fatigue.

Autres sources :
Camptocamp

 

 

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