Cascade de glace dans les tréfonds de Ceillac : la Lavine de droite

Nous avions tout prévu pour passer un réveillon au top dans le Queyras avec les copains ! Une caisse de bières évidemment, de la nourriture à foison, un chalet avec sauna, et tout le matériel de ski. Oui, mais pas la neige fraiche… La glace elle aussi n’était que timidement au rendez-vous, c’était donc une situation “plan bête” explosive, et c’est comme ça qu’on s’est retrouvé à remonter pendant 2h30 un vallon interminable avec de gros sacs pour aller se mettre une mission dans une cascade en conditions difficiles ! Tout ce qu’il faut pour arriver frais au réveillon…

 Descente en rappel du grand mur

On attaque depuis le village de Ceillac en ski de rando, au crépuscule, par une montée agréable sur la piste de ski de fond. Les gorges passées, la piste devient plate et on commence le long pèlerinage du glaciairiste affamé. Pieds sensibles aux ampoules, s’abstenir… Après deux heures de plat, on atteint enfin la bergerie du Bois Noir et la montée au pied de la cascade ! On voit apparaitre le grand mur de glace dans une goulotte encaissée, l’ambiance est superbe et récompense enfin les efforts consentis pour arriver là…

Une vieille trace nous mène sous la première longueur, deux ou trois cordées sont venues dans les jours qui précédent, mais la longue approche décourage clairement la foule. Ce sera donc une cascade sans marches et c’est tant mieux, même si ça fait mal ! Le premier mur en glace dure nous met directement dans le bain, ça grimpe bien et avec la fatigue de l’accès il faut déjà s’employer… C’est plus difficile que ce que laissait entendre le topo !

On profite du dièdre pour se reposer

Le second mur est plus long et plus impressionnant. Le passage à gauche est moins raide, mais l’eau y coule à flot, il faudra donc grimper sur une “colonne” verticale au centre. Le début en sorbet déroule bien, puis la glace change avant le passage raide : elle devient plus cassante et plus sculptée, la pose de pieds n’est plus aussi facile. Elle devient même franchement compliquée lorsqu’un de mes crampons décide de se faire la malle… Exercice de zénitude, pose d’une broche, tout va bien et je peux repartir…
La progression est prudente avec cette glace délicate qui fait souvent d’énormes assiettes. Pas très agréable pour Cricri qui stress plus que moi à l’assurage, la glace raide en couple c’est pas toujours le plus sympa :/ La sortie du mur se fait cependant sans encombres et je rejoins un bon relais sur pitons !

Bien qu’on soit fatigués par cette journée déjà longue, on continue à monter dans la cascade qui s’est maintenant transformée en une goulotte bien plus facile : tant qu’à souffrir dans les longueurs dures autant aller au bout ! Une longue section facile nous mène à un mur de glace pas trop raide, relais au pied.
Un mètre sous la sortie du mur, alors qu’on voit le sommet de la goulotte 20m plus loin, je décide d’arrêter de grimper : la glace est particulièrement fragile et le relais est exposé aux chutes de glace. Ça ne vaut pas la peine de continuer en bombardant Cricri !!

Dans la goulotte

On redescend sur abalakofs (le premier en place, puis un sec) puis sur le relais pitonné et un dernier abalakof. C’est efficace, et on peut s’installer avec soulagement pour manger nos croques-monsieur congelés… Il ne nous reste qu’à nous laisser glisser jusqu’à Ceillac et faire la fête !
Merci à Cricri pour sa patience, et encore désolé pour le guet-apens :$

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