Essai non transformé au Col des Cristaux

Alors qu’une perturbation se décide enfin à pointer le bout de son nuage, j’avais envie de conclure ces trois belles semaines de ski par une belle pente dans le bassin d’Argentière. Le soleil, la chaleur et le vent ont laissé peu d’espoir de trouver de la poudreuse mais j’avais l’intuition que le col des cristaux pourrait encore se skier en poudre tassée car il ne voit pas beaucoup le soleil. Merci à Tom et Nico d’avoir partagé cette sortie au fort pronostic de but !

Sourire et soleil radieux à Argentière

Après une montée efficace par les premières cabines de Lognan, on rejoint rapidement le Col des Rachasses sous bonne escorte militaire : ce n’est pas Vigipirate mais l’EMHM qui emmène des stagiaires aux trois cols. On enlève les peaux pour traverser sous le rognon et gagner le long glacier d’Argentière qu’il va falloir remonter jusqu’à buter sous le Triolet ! Cela nous laisse une heure pour méditer sur la sécheresse des faces du bassin… Le Couturier a été parcouru mais ne donne pas très envie, et le reste est désespérément vide de neige !

Arrivés sous l’Aiguille qui Remue, nous commençons à douter un peu de l’issue de la journée : certes les Cristaux étaient en conditions il y a 10 jours (ça a été parcouru en bonne poudre) mais le vent a du tout ravager ! L’apparition du rideau de la Pointe Eales nous redonne un faible espoir, c’est très sec mais c’est tracé…
On découvre ensuite notre itinéraire, très sec lui aussi (on dirait un personnage de BD qui ressort après 2 semaines d’égarement dans le désert) mais skiable jusqu’à environ 50m du sommet. La rimaye est franchissable au centre dans l’axe de la descente, ou rive gauche. Pas de trace de coulées ni de chutes de pierres sous les contre-pentes ensoleillées : on y va !

Montée sous l’oeil du Triolet

La rimaye est franchie encordés, solution très chaudement recommandée car on passe sur un pont de neige de belle taille. Ensuite une bonne poudre tassée permet de monter efficacement avec un enfoncement de quelques centimètres, la progression est rapide. On quitte la rive gauche après quelques mètres pour regagner le centre du couloir et prendre pieds dans une grande pente qui s’élargit. Normalement les ilots rocheux qui nous entourent sont sous la neige… Cependant malgré sa faible quantité, la neige est resté plutôt bonne, on a donc le sourire !

Rimaye rive gauche

La chute de deux gros blocs dans une contre-pente orientée E (rive gauche) change l’ambiance : on se concerte pour savoir si on continue ou si on se casse au plus vite. Nous sommes à l’abri des chutes de pierres venant de ces pentes chaudes, et en serrant rive droite on se met encore à l’abri des parties ensoleillées de l’arête. Les pentes qui nous surplombent sont au soleil mais il n’y tape pas trop fort… Nous n’avons pas vu de signes d’une activité particulière au pied de la face, malgré la chaleur et le vent des jours précédents. Objectivement, la situation paraît bonne et la chute de ces deux gros blocs un événement isolé.
Pour autant, c’est une grosse alerte et on décide de descendre depuis les 2/3 du couloir. Il sera toujours là plus tard et surement en meilleures conditions : on choisit la vie…

La descente est agréable sur une neige ferme (enfoncement ~0.5-1cm) mais sécurisante, et la pente est belle ! Pas de nouvelle alerte, la gravité n’a plus le dessus, on profite donc de ces beaux virages sur fond de face N du Triolet, l’ambiance ici est superbe.
La rimaye est franchie facilement, le pont de neige est impressionnant ici aussi mais avec la vitesse et les skis dans la pente le risque est très faible de tomber dans le trou !

On profite d’une belle descente du Glacier d’Argentière et d’un pique-nique sur un ilot rocheux pour admirer la vue. Ce beau ciel bleu va nous manquer mais on attend impatiemment la neige !

Un avion posé sur l’altisurface devant l’Aiguille d’Argentière

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