Retour à l’école : Une belle semaine à ski autour de Chamonix

Après une semaine de formation à la nivologie, puis une seconde semaine axée pédagogie et conduite de groupe qui s’est terminée par deux belles sorties avec des “cobayes”, la formation du guide de haute montagne se poursuit sur les skis. Au programme de cette troisième semaine : du secourisme, du ski sur glacier et de la pente raide !

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Vers la salle à manger, vallée blanche

On attaque la semaine par deux journées de secourisme. D’abord des études de cas en salle puis sur le terrain pour parler de différentes urgences : hypothermie, gelures, réanimation cardiaque, détresse respiratoire, gestion d’un secours en avalanche… Des situations qu’un guide doit malheureusement savoir gérer au mieux pour donner l’alerte et faire les gestes de premier secours.
On continue le lendemain avec le secours en crevasse du coté de la vallée blanche. Objectif : être capable d’enrayer une chute en crevasse à ski avec un encordement adéquat (pas de nœuds de freinage par contre pour cet exercice) et de se sortir de la crevasse en remontée sur corde. Nos formateurs nous ont trouvé pour cela de belles crevasses dans lesquelles on peut se jeter en étant contre assuré sur un corps mort en cas d’échec ! L’exercice, évalué, est réussi par tous les stagiaires 🙂 On retiens cependant qu’il n’est pas si simple de réaliser son ancrage avec le copain pendu dans le vide, et qu’il vaut mieux partir avec suffisamment de matériel notamment sangles, cordelettes et mousquetons.

Après ces deux journées où nous avons peu skié, on se rattrape en beauté les trois jours suivants. On commence par un grand tour du coté de Notre-Dame de la Gorge, pour aller skier le “couloir à Zub” en passant par les cols de la Fenêtre et du Bonhomme. Une petite bambée de 21 km entre Contamines et Beaufortain qui avait plus d’intérêt “touristique” que skiant, la neige étant très abimée par le travail du vent. Le couloir à Zub était le seul moment de “bon” ski sur une neige dure et lisse. Le reste de la descente nous a donné l’occasion de pratiquer la “trace unique” qui permet de faciliter la vie à ceux qui suivent le leader, la couche de croute ou de carton étant cassée par celui-ci.

Nous changeons de massif et d’ambiance le lendemain, direction la face SE du col d’Entrèves, une belle randonnée glaciaire avec une descente à 45° au dessus de Courmayeur. On commence à bien connaitre l’arête de l’Aiguille et la montée vers le Col d’Entrèves, mais nous passons par un itinéraire différent pour “varier les plaisirs”. Certaines crevasses que nous franchissons sont gigantesques et on ne regrette pas d’être encordé pour franchir les ponts de neige…

La descente du col est raide et exposée, avec des passages en neige dure dans le premier tiers : on y pratique l’assurage en pente raide et je dois avouer que l’exercice aura puisé dans mes réserves 😉 La corniche est franchie par Thomas pendant que je l’assure à l’épaule les skis bien plantés dans la neige, puis je le rejoins et nous parcourrons une traversée “à corde tendue” à 2m de distance (sur deux traces parallèles). Assurage qui peut servir mais qui ne laisse pas droit à l’erreur. Nous faisons ensuite quelques virages toujours assurés “en laisse” dans la pente puis nous échangeons les rôles et on range la corde pour finir la descente.

Après ce passage plus délicat, on se régale dans la combe du Glacier d’Entrève avec un beau peigne dans une neige facile à skier, puis nous nous échappons en bricolant sur une épaule rive gauche pour rejoindre un petit couloir caché. L’entrée sous une arche est magnifique, mais très raide et étroite au dessus d’un ressaut rocheux. On évolue donc assuré du haut, et après quelques beaux virages dans la pente étroite nous rejoignons un relais sur pitons. Un rappel en douceur (un des pitons est branlant et nous n’avons pas pensé à prendre un marteau…) nous permet de regagner une pente plus accueillante, puis nous plongeons facilement vers le téléphérique du Skyway.

Le retour se fait par la vallée noire que nous avions déjà parcouru la première semaine, sur une neige dure mais agréable, avec un passage très ésthétique dans la bédière (lit de rivière creusé dans la glace par l’écoulement de l’eau de fonte).

Finalement, nous profitons de notre dernière journée pour visiter une classique des Aiguilles Rouges, la Pointe Alphonse Favre. La montée au Col des Crochues est rapide et très tracée, de même que la montée par le couloir SW de la Pointe Alphonse Favre. C’est un très bel itinéraire classique et l’ambiance dans le couloir mérite une visite !

Nous testons sous le sommet les dernières techniques de corde qui n’ont pas été vues la veille : assurage sur un ou deux skis plantés dans la neige (plutôt efficace si l’on maintien le ski avec l’épaule ou la main ! ) et pelle éjectable.
Il ne nous reste alors qu’à descendre le couloir NW, pas toujours simple sur une neige froide dure et avec de nombreux passages avant nous. Passé le couloir, le ski est plus détendu avec une neige encore très bonne, et nous rentrons en train à l’ENSA pour un dernier cour en salle.
Place maintenant à une semaine de raid en étoile dans les Aravis et ce sera terminée pour l’Aspi 2 (formation ski de randonnée) !

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