Escalades aux Aiguilles de Chamonix : de vilaines moraines en pépites de granit

Passer quelques nuits au refuge du Plan de l’Aiguille est un excellent moyen de visiter les belles classiques rocheuses des Aiguilles de Chamonix, et aussi tous les recoins des moraines de Blaitière !  On ne peut malheureusement pas profiter à la fois d’une bonne table, d’une douche chaude et d’une chambre privatisée pour raison de COVID, sans accepter de refaire chaque jour l’équilibriste dans les éboulis 😉 La météo étant de la partie, ce fut un beau week-end avec l’ascension du pilier SW du Petit Charmoz et de Nabot Léon.

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Sortie du pilier SW du Petit Charmoz

Nous débarquons au refuge le Vendredi soir par une des dernières bennes, avec nos sacs de montagnes et deux cabas pour les livres, le pique-nique et des jeux de société : de quoi mettre d’emblée une atmosphère de vacances à la montagne ! Nous sommes accompagnés par des amies pour boire un verre, avant qu’elles ne partent bivouaquer dans le brouillard aux Nantillons quand nous profitons du canapé pour bouquiner : on l’a dit, c’est les vacances…
On reste dans le confort au petit déjeuner avec un levé à 7h, puis nous consentons à faire quelques efforts et nous mettons le cap sur les Petits Charmoz ! Lac Bleu, première moraine de Blaitière, puis le chemin disparait et laisse place aux éboulis du glacier de Blaitière : ceux qui se moquent du terrain Oisans ne doivent pas connaitre Chamonix 😉 Heureusement le sens de l’itinéraire de Cricri nous mène au plus facile sur la moraine rive droite, et nous retrouvons une bonne sente sans avoir à brasser trop de « sables mouvants ».

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Aiguille de l’M et Petit Charmoz

La traversée du glacier des Nantillons se fait au pas rapide sur une bonne neige, et nous avons la surprise de retrouver Laura et Valentine avec qui nous partageons le même objectif. Une troisième cordée vient d’arriver au pied du pilier – moi qui pensait y être seul ! – mais partira en dernière position après avoir cherché en vain un téléphone perdu…
C’est Laura et Valentine qui passent devant, avec Christine nous ne sommes pas pressés par la benne. La première longueur est magnifique, un dièdre fissuré raide qui commence avec de bonnes prises et qui termine par une fissure plus large et mouillée. Les doigts sont froids mais le reste du corps se réchauffe très vite !

Tête baissée, je suis Valentine qui profite d’être en second pour faire une variante de sortie par une fissure surplombante à la place de gradins en III. Pas de chance pour Christine, comme je protège le passage, la variante devient obligatoire… Nous reprenons alors sagement la voie usuelle qui chemine intelligemment entre des ressauts raides et lisses pour nous mener au pieds d’une longue succession de dièdres.

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Cheminement entre de raides ressauts

Alors qu’on discute tranquillement au troisième relais, je vois Laura qui s’envole à l’horizontale dans la quatrième longueur. Chute impressionnante mais heureusement sans gravité grâce au sac à dos et à un bon friend ! Je la rejoins rapidement et comme tout va bien, nous continuons en inversant l’ordre des cordées. Les dièdres sont agréables à grimper, et la longueur se conclue sur un réta physique et un petit pas de dalle coquin en grosses, le souvenir du vol est encore présent 😉

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La petite dalle de sortie de L4

Une dernière longueur de dièdre cheminée physique, puis un très beau parcours d’arêtes nous mènent au sommet du pilier où nous faisons la jonction avec la traversée des Petits Charmoz. Le livre ouvert est encore un joli morceau en grosses, puis Christine nous mène jusqu’au sommet par de beaux passages plus faciles et toujours agréables à escalader.

La descente est efficace, avec un petit rappel du sommet puis une desescalade facile jusqu’au col de la Bûche où nous pouvons ranger la corde. On rejoint la moraine des Nantillons en traversant toujours « au pas de course » le glacier (attention aux cailloux qui dégueulent…), puis nous suivons celle-ci jusqu’au balcon Nord : mauvais choix qui nous offre un petit supplément de déniv et qui n’est finalement ni plus rapide ni plus agréable que la moraine de Blaitière.

Après cette première longue journée, et une seconde longue nuit, nous partons du refuge « à l’heure des marmottes » pour gagner le pilier rouge de Blaitière avec les premières chaleurs. Cette paroi est une destination classique des journée de canicule grâce à sa capacité à rester fraiche : il ne faut donc pas être trop matinal le reste du temps.
Malgré notre passage la veille, nous réussissons à nous tromper pour monter sur la moraine de Blaitière : cette approche est vraiment une plaie !

Le timing est parfait, nous sommes la troisième cordée dans la voie mais les prédécesseurs sont déjà dans L2 et ne nous gênerons donc pas. J’attaque à l’ombre, mais trouve le soleil au premier relais qui nous assure une grimpe confortable en T-shirt. Que demander de plus ? Du beau granit et une grimpe esthétique, c’est justement ce qu’offre Nabot Léon !
La première longueur commence fort avec un passage raide et compact, protégé par un bon goujon. La seconde est magnifique, avec un dièdre suivi d’un mur raide et compact strié de deux fissures. On trouve toujours le bon pied ou le bon coincement pour avancer sans se faire peur, et les protections sont excellents !

La troisième longueur se démarque par deux beaux passages en dulfer, et donne accès à la longueur emblématique de la voie : la grande dalle de L4, facile mais à l’équipement très aéré. Cette dalle est surplombé par un mur orangé qui est de toute beauté…

Une dernière longueur nous attend, qui commence par deux surplombs un peu bourrins jusqu’à la sortie de Majorette Tatcher. On reprend alors le fil d’un pilier orangé par une superbe fissure raide, avant de s’en échapper par une section horizontale à doigts très impressionnante.
Nous nous arrêtons là, car la sortie au sommet du pilier rouge n’est pas très belle, et une bonne ligne de rappels se trouve sous nous dans Bobokassa !
La meilleur partie du week-end est derrière nous, et l’autre meilleure partie nous tend les bras : un bon repas, une grasse mat’, un burger, une baignade au lac…

Vous souhaitez réaliser cette course avec un guide ? N’hésitez pas à me contacter (à partir du 8 Aout).

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