La Rouye, voie des Gapençais

En ce week-end d’anniversaire, on ne pouvait espérer meilleur présage que de vaincre la Rouye, avec comme cadeau la belle voie des Gapençais… Niché dans une paroi impressionnante et austère de 350m, cet itinéraire se faufile au milieu de murs raides et propose un bel ensemble en IV sur un gneiss de bonne qualité. Une escalade plaisante, une belle soirée au refuge d’Olan, et un bon moment avec les copains parisiens !

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Belle ambiance brumeuse

Arrivés tôt samedi à la Chapelle-en-Valgaudemar, nous effectuons la montée raide et efficace au refuge sans souffrir de la chaleur… Bien qu’on puisse se rafraichir dans une vasque très tentante en chemin, il vaut mieux éviter cette approche en plein soleil ! Cela permet aussi de gravir dans l’après-midi une des voies d’escalade des contrefort de l’Olan : nous jetterons notre dévolu sur « Purée de rando », une voie qui démarre à proximité du Pas de l’Olan.

Je n’ai vraiment pas été enchanté par cette voie, où j’ai trouvé l’escalade décousue et le rocher pas toujours agréable. C’est pratique pour occuper l’aprèm, mais ça ne vaut surement pas le coup d’en faire un objectif ! Elle nous a par contre permis de profiter du paysage, et d’avoir une bonne vue sur la Rouye. Et nous sommes arrivé largement à l’heure pour profiter de l’apéro de fin de saison offert par Mélanie pour fêter le dernier WE gardé !!

L’avantage de parcourir les voies de la Rouye c’est qu’elles sont à l’ombre très tard : c’est pratique quand les températures sont dignes d’un mois d’Aout, et ça fournit une excellente raison de se lever pour le « déjeuner des randonneurs » à 7h! Autant dire qu’avec l’excellent repas de la veille, on a bien profité du confort du refuge de l’Olan…
L’approche n’est pas aussi rébarbative qu’elle en a l’air, on trouve une sente correcte et bien cairnée dans les pierriers et on atteint le départ en une heure de marche.

C’est Cricri qui s’élance en tête pour se dérouiller dans le premier IV+, qui est le passage d’escalade le plus dur de la voie. La « cheminée rouge » (qui est un dièdre…) est impressionnante car très raide, et en rocher peu adhérent. Ayant lu le topo en diagonal, on tente donc d’attaquer par les dalles claires à gauche, mais Cricri se rend vite compte que c’est trop compact… En fait, le dièdre est très sympa à grimper et offre d’excellentes protections sur friends !

Après un bon relais sur pitons à la sortie du ressaut, on grimpe à corde tendue dans les gradins jusqu’au sommet de la grande tâche blanche. Bien que l’escalade soit aisée, il vaut mieux rester à 30m afin de pouvoir protéger un minimum car le rocher est compact. On rejoint rapidement le pied du dièdre qui constitue le second tiers des Gapençais, l’ambiance est très belle malgré les gradins !
A la sortie de la tâche blanche, on commence par monter sur le fil d’un éperon, puis on rejoint au plus facile le dièdre en oblique à gauche, pour faire un bon relais au croisement avec « inoxydable ». J’ai trouvé la présence de spits à cet endroit vraiment stupide ! Le rocher offre une quantité folle d’emplacements pour de bons pitons et ça aurait été une marque de respect appréciable de faire passer « Inoxydable » en toute discrétion, car le caractère sauvage de la voie des Gapençais fait largement parti de son attrait…

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Arrivée sous le dièdre

L’escalade du dièdre est un régal sur un gneiss solide et prisu avec de bons pitons. L’ambiance est aérienne et l’itinéraire parfaitement logique, l’arrivée dans l’écaille est plus ou moins agréable selon qu’on décide de s’y coincer (Cricri ;p) ou de passer extérieurement sur de bons bacs ! Le relais au sommet de l’écaille est top confort et magnifique vu du dessus… La longueur suivante est belle, mais il faut bien gérer l’arrivée dans le couloir : prévoir de faire de la corde tendue (un tiblok est alors utile) ou poser un relais avant d’arriver au couloir dont le rocher est compact.

La suite de l’itinéraire est plus facile, d’abord un beau couloir-cheminée (dont l’entrée n’est pas si facile), puis nous sommes sortis par la gauche au croisement avec Inoxydable : c’était peut être le plus beau passage de la voie, un court mur vertical extrêmement sculpté, qu’on aurait aimé suivre pendant 100m pour profiter de cette escalade facile mais très classe… Ensuite un surplomb et des gradins débouchent sur l’arête à 10m du sommet, nous avons terminé ravis par cet itinéraire qui mérite une bonne place parmi les classiques des Écrins !

L’ambiance dans le dernier tiers de la voie était encore plus prenante grâce à un brouillard jamais gênant mais qui magnifiait la sensation de vide et d’isolement qu’offre la belle face NW de la Rouye… Pierre-Alain et Vincent ayant tiré des longueurs pour progresser plus sereinement, nous pouvons profiter tranquillement du sommet avec Cricri, gros pique-nique et une petite sieste ! Nous laissons le temps aux copains de faire leur sandwich « hareng, concombre, Morbier » (pas un classique des Écrins…) puis nous attaquons la belle descente de la voie normale.

La descente est très belle, on chemine facilement dans une face gigantesque et qui contraste drastiquement avec la NW ! La brume est toujours là pour nous donner ce sentiment d’être dans un lieu qui nous appartient pleinement, cachés du reste de l’Oisans. Ce sont des moments finalement assez rares et toujours précieux, je garde d’excellents souvenirs de chacune de ces courses dans le brouillard !
Une petite vire aérienne donne accès à un couloir qu’on descend facilement, puis on traverse dans la face en suivant cairns et sentes, jusqu’à une profonde brèche. On replonge alors en face ouest par une désescalade impressionnante et exposée mais facile (et qui se protège bien si on est attentif !), qui donne accès à un relais de rappel.

Étant bien connu que lorsque tout se passe trop bien et que l’on a des contraintes horaires, il arrive nécessairement un élément imprévu, nous avons été rassuré de constater le coincement du rappel de 50m ! J’aurai en effet peu apprécié un accident de voiture ou autre surprise aux conséquences plus fâcheuses ;p
Une remontée à la corde plus tard, et après une descente en courant derrière Cricri, nous sommes arrivés juste à l’heure pour débarquer les parisiens dans le dernier TGV, OUF !

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