Voyage à vélo dans les Balkans (2/2) : La riviera albanaise

Après une première semaine de vacances à vélo dans les montagnes sur un rythme soutenu, nous avons changé notre trajet initial pour aller profiter un peu du littoral albanais et nous offrir plus d’occasions de farniente. Les routes de la « riviera albanaise » sont toujours aussi raides (à quoi bon faire des virages quand une pente soutenue à 10-15 % fait l’affaire ?), mais les plages désertes et une eau encore agréable ont tout de suite changé l’atmosphère et notre rythme !

09102019-IMG_8363
Entre Himarë et Qeparo

En dehors du simple changement de cadre, et de l’association inévitable « plage = vacances », c’est la différence d’urbanisation qui a eu l’impact le plus fort sur notre manière de rouler et notre confort. On trouve tout le long de la côte – bien qu’on soit hors-saison – de nombreux villages et commerces, ce qui facilite la logistique : moins de réserves d’eau et de nourriture, c’est sensiblement moins d’efforts dans les montées ! Cerise sur le gâteau : cela signifie aussi plus de pauses gourmandes pour une glace, une boisson fraiche, …

On ressent également une différence sensible dans les modes de vie entre le littoral au niveau de vie plus élevé et la partie intérieure plus rurale. Fini les petites épiceries – toujours tenues par des femmes – où tous les aliments sont placés derrière le comptoir. On ne voit plus de vaches brouter dans la cour intérieure de l’épicerie, beaucoup moins d’agriculture et d’apiculture, très présente jusqu’ici : les amateurs de miel se régaleront en Albanie.
Autre différence marquante : les femmes sont plus présentes, et pas seulement pour tenir l’épicerie ! Nous croisons également d’autres cyclos, ce qui diminue le sentiment d’isolement que nous avons parfois ressenti durant la première semaine.

Le détail des étapes :

J9 : Vlora – Dhermi, 55 km / 1200m D+
C’est la grosse étape de cette seconde partie de voyage : pour accéder à la riviera (le littoral entre Dhermi et Sarande dans le sud de l’Albanie), nous devons franchir le col de LLogara qui culmine 1030m au dessus de notre hôtel. Il se niche au fond d’une longue vallée qui offre une approche rébarbative sur un interminable faux plat : nous avions rêvé d’une étape plate, nous l’avons vite regretté ! Heureusement cette section se termine comme il se doit selon la coutume locale par une ascension avec des pentes soutenues ! La seconde moitié de la montée, avec le changement d’étage de végétation, est aussi beaucoup plus belle et nous avons le plaisir de terminer l’ascension avec un couple de cyclos suisses en voyage au long cours.

08102019-IMG_8270.jpg
Interminable vallée vers le col tout au fond !

De l’autre côté, le panorama change brutalement et nous nous régalons d’une plongée sur le littoral de toute beauté. Cette descente doit être grisante avec un vélo de route et sans chargement, la route est parfaite !

A Dhermi, tous les campings sont fermés et les plages sont désertées, mais nous avons eu de nombreux retours sur la présence de chiens errants et cela ne nous donne pas envie de tenter le bivouac sur la plage. Grace aux infos internet nous arrivons cependant à dormir au « see turtle camping » où les gérants habitent à l’année.
L’apéro-baignade au couché de soleil sur la plage de Drymades est un bonheur, mais l’arrivée de nombreux chiens errants avec le crépuscule nous conforte sur notre choix de ne pas y dormir !

J10 : Dhermi – Qeparo, 37 km / 750m D+
Notre seconde étape littorale est l’occasion d’installer pour de bon un rythme de « vacances effrénées », au lieu du rythme de « vacanciers forcenés ». Nous roulons quelques kilomètres, visitons le château d’Himarë, avant de pique-niquer en bord de mer sur la plage d’Himarë. Nous repartons après avoir bien nagé dans une eau agréable, et nous profitons des couleurs de la fin de journée pour parcourir une section magnifique jusqu’à Qeparo où nous arrivons juste avant le coucher de soleil.

J11 : Repos à Qeparo
Journée sieste et plage, nous profitons d’une météo qui tourne à la pluie dans l’après-midi pour nous reposer sans scrupules, maintenant qu’il ne nous reste plus beaucoup de kilomètres à parcourir. Qeparo est un charmant village balnéaire qui s’est beaucoup développé mais qui est resté agréable. Nous dormons dans le seul hébergement encore ouvert, et profitons de plusieurs kilomètres de plages désertées…

10102019-IMG_8389.jpg
Coucher de soleil à Qeparo

J12 : Qeparo – Ksamil, 50 km / 900m D+
Pour continuer à alterner les nuits sous tente et en hôtels, nous décidons de rejoindre le parc national de Butrint et de dormir dans un camping à Ksamil, en face de l’ile grecque de Corfou. Nous trouvons en chemin, juste après Saranda, une très jolie plage en contrebas de la route pour la baignade réglementaire. Beaucoup plus sympa que les plages très urbanisées de Saranda !
Ksamil est une destination phare de la riviera, et ça se sent car ici nous ne sommes plus seuls, certaines plages sont même à juste titre très fréquentées. On en profite pour faire un tour en kayak de mer entre les îles de Ksamil, autrefois zones protégées et qui aujourd’hui ne semblent plus offrir beaucoup de faune à part dans la grande famille des déchets plastiques…

J13 : Ksamil – Igoumenitsa, 56 km / 400m D+
Et voilà, l’heure est venue de la dernière étape ! J’avais eu peur au début du voyage de m’ennuyer à pédaler chaque jour mais force est de constater que le temps est passé très vite ! Nous avons à la fois l’impression d’avoir vécu une longue immersion et d’avoir commencé hier… Les fesses qui brûlent sur la selle sont cependant un excellent remède à la mélancolie.
Nous faisons un tour dans le site archéologique de Butrint, qui est un amalgame des époques gréco-romaines, byzantines, et de la république de Venise. C’est aussi un très beau site naturel entouré de marécages où prolifère la faune aquatique, et nous y rencontrons notre première tortue, depuis le temps qu’on en cherchait !

Après avoir traversé le canal, nous luttons pendant quelques kilomètres avec des nuages de fourmis volantes : expérience hautement désagréable, on ne peut même pas râler sans en avaler une plâtrée… Nous filons alors tranquillement vers la Grèce, et après une dernière baignade en compagnie d’une famille de baroudeurs allemands, nous atteignons le port d’Igoumenitsa où nous reprenons le ferry en direction d’Ancona.
Le trajet retour est plus long, une petite « croisière » en ferry où nous profitons du pont arrière pour flâner et admirer de nombreux dauphins, puis une journée et demi de train régionaux qui nous ramènent confortablement à la voiture à Aoste. Il est temps de lâcher les vélos et de reprendre une vie sédentaire 🙂

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.