Tour et sommet de l’Ailefroide orientale, une belle boucle d’alpinisme facile

Ce tour de l’Ailefroide fait partie de mes meilleurs souvenirs d’encadrement bénévole au GUM (club grenoblois), et particulièrement avec le GAG (Groupe Alpi GUM) qui avait pour objectif de réunir 6-8  personnes et de les faire progresser vers l’autonomie dans toutes les disciplines de l’alpinisme. De beaux sommets, des itinéraires variés et adaptés à la formation, et une équipe au top ! Un tour que j’espère bien refaire comme guide, en adaptant un peu le programme pour le rendre moins dur physiquement.

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Sur l’arête Nord des Bœufs Rouges

L’année 2015/2016 du GAG avait été une année compliquée pour la météo et les conditions. Nous avions donc besoin de nous rattraper, et nous avons profité du 14 Juillet pour réaliser un grand tour dans les Écrins :
J1 : Montée au refuge du Sélé
J2 : Voie normale de l’Ailefroide Orientale (3847m) en A/R
J3 : Pointe des Bœufs Rouges (3516m) par l’arête N, Col de la Condamine, Refuge de la Pilatte, Refuge de Temple-Écrins
J4 : Col de la Temple et descente par le Glacier Noir

L’itinéraire est logique et splendide, homogène. Il mérite par contre quelques adaptations pour se faire plus abordable physiquement, mais demande alors 5 ou 6 journées. On pourra dans ce cas dormir à la Pilatte le troisième soir, et réaliser le lendemain l’arête NNE ou l’éperon NNE du Gioberney. Encore une belle classique des Écrins « en poche » !
N’hésitez pas à me contacter si l’aventure vous tente.

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Cordée sur le Glacier du Sélé au petit jour

Nous partons assez tard de Grenoble le premier jour pour monter au refuge du Sélé. Le temps de faire une manip de voiture au Pré de Madame Carle, nous attaquons le sentier sous la menace d’averses de pluie/neige prévues en fin de journée, ça motive le groupe à donner un bon rythme et nous arrivons pour boire une bière juste avant les flocons.

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Crépuscule sur le Viso depuis le refuge du Sélé

 » Il est 3h30, c’est l’heure des braves ! »
Sur le coup nous ne comprenons pas que le gardien s’adresse à nous qui partons faire une course « Facile » en bonnes conditions. Nous sommes loin de la conquête héroïque de l’Alpe ! C’est au café qu’on fait le lien, un peu fort à une heure pareille… Heureux les amateurs de Earl Grey !
Départ à 4h15, la montée est efficace. On découvre en s’équipant des panoplies de friends et coinceurs : on avait bien dit au briefing « matos à minima », mais l’excitation l’a emporté ! Il ne manque que le jeu de broches et l’ancre à neige 😉
Dans l’itinéraire ça avance bien, à part quelques nouilles et variantes d’itinéraires mineures, rien qui ne justifie une perte de temps dans les règles de l’art ! L’attaque est en neige, on trouve facilement les fameuses vires à l’ambiance exposée, et la « banane » sommitale est en bonne neige.

Le manque d’acclimatation se fait sentir sur la fin, mais tout le monde arrive au sommet avec le sourire. La descente se déroule tout aussi bien, avec quelques grognements dans les dé-escalades, et nous arrivons assez tôt au refuge. Le programme est chargé : bière, pique-nique, bière, sieste, bière, apéro, « à table ! » … Des tâches évidemment réparties au sein du groupe !

Le lendemain le réveil est plus sobre, « bonjour, il est 3h30 !« . L’hypothèse du café semble donc correcte puisque ce matin tout le monde est au Earl Grey… On chemine les yeux collés jusqu’au pied du glacier du Sélé où l’on s’encorde, et nous arrivons sur son replat à 3000m juste à l’heure pour voir le soleil pointer son nez sur les Bœufs Rouges (qui sont donc oranges). En 2h30 nous sommes au col du Sélé, la prévision était de 3h : le groupe est-il en forme ou essayent-ils de « gratter des points » en vue d’une future explosion d’horaire sur l’arête ? 😉

On répartie les cordées afin que les plus à l’aise puissent surveiller/aider les leaders moins expérimentés, et on avance ainsi en simultané sans se gêner. Le début d’arête est aérien et impressionne certains « GAGistes », bien que ce soit techniquement facile et que ça protège sans efforts en passant la corde derrière les béquets.

Malgré des cairns trompeurs qui attirent sur des vires péteuses et sans intérêt, nous suivons sans difficulté le fil aérien et solide. C’est plus beau, plus plus agréable, et plus sûr !
En trois heures nous sommes au sommet, l’horaire est tenu. Le groupe est donc bien en forme et a progressé de façon nette sur la gestion de la corde !

La descente sur le col de la Condamine se fait sans soucis, puis nous descendons le glacier jusqu’à trouver les câbles qui mènent au refuge de la Pilatte. Moralement c’est un peu dur de monter pour mieux redescendre du refuge, mais le retrait glaciaire ne nous laisse pas le choix. Des bières et des omelettes nous consolent, et nous retapent le moral avant d’enchainer sur la montée au refuge de Temple-Écrins.

Pour notre dernière journée, grasse matinée, on prend le réveil de 4h30 ! Nous n’irons pas au sommet du Pic Coolidge, on a déjà bien donné les deux jours précédents et le retour par le Glacier Noir est déjà assez long. On rattrape une partie des cordées du réveil précédents, la montée est toujours aussi efficace, mais personne ne regrette de s’arrêter au col.

La descente sur le Glacier Noir paraît affreuse vue d’en haut, dans un terrain raide et croulant, mais une bonne sente la rend finalement facile. On se laisse ensuite porter par une bonne neige et un paysage merveilleux jusqu’à la moraine effilée qui rejoint le sentier du Glacier Blanc puis jusqu’au bar. C’est la fin d’un très beau week-end.
Merci à Seb qui m’avait aidé à co-encadrer ce tour !

3 commentaires sur “Tour et sommet de l’Ailefroide orientale, une belle boucle d’alpinisme facile

  1. Salut Rob, merci pour ce beau compte rendu. Tu n’as pas ménagé tes troupes. Je n’aurais pas aimé remonter à Temple Ecrins après la traversée des Boeufs Rouges! Sortie familiale le même weekend pour nous, on a dû se croiser pendant notre montée à la Pilate.

    1. Salut François,
      ça avait été un peu rude je te l’accorde, mais c’était le prix à payer pour boucler ce tour en 4 jours ! Et puis l’omelette à la Pilatte remet (très) partiellement les compteurs à zéro. Dommage qu’on ne se soit pas croisé ce jour là, peut être cet été !
      Au plaisir,
      Rob

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