Voie « PDB » et Arête des Cinéastes, alpinisme en famille au Glacier Blanc

Pour prolonger en beauté notre WE du 15 Aout après la traversée de Sialouze, nous avons mis le cap vers le Glacier Blanc pour découvrir l’arête des Cinéastes. Cet itinéraire est vanté comme une des plus belles arêtes des Écrins grâce à un excellent rocher et à une vue formidable sur le Pelvoux, le Glacier Noir et son alter égo le Glacier Blanc : nous n’avons pas été déçus ! Nous avons d’ailleurs beaucoup plus apprécié la grimpe qu’à Sialouze, notamment certains passages très aériens dans la variante Chaud et sur l’arête…

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Belle ambiance dans la voie PDB

Aiguille Pierre Étienne, Voie PDB

Afin d’agrémenter la montée au refuge, nous sommes partis tôt avec Cricri pour gravir une petite voie sur l’Aiguille Pierre Étienne. La « voie PDB » est un itinéraire idéal pour un parcours rapide, avec 20mn d’approche et une escalade courte, nous étions de retour au refuge quelques minutes avant les premières gouttes des averses de l’après-midi !
L’escalade n’est pas fabuleuse sur un rocher compact et pas toujours simple à protéger, mais certains passages sont très sympas et l’itinéraire est bien trouvé. C’est agréable de cheminer dans une face raide avec un niveau qui ne dépasse pas le III+ ! On regrette juste la débauche de peinture blanche pour indiquer l’attaque et l’itinéraire (flèches) pourtant évident avec le topo…

Les trois premières longueurs sont un peu mouillées et délicates à protéger (mais possèdent de bons relais sur pitons), ensuite la face devient plus raide, plus prisue et plus sèche ! On franchit une écaille, une cheminée, puis une traversée aérienne avant d’accéder par des gradins à l’arête S qui mène joliment au sommet. Un petit rappel dépose dans des éboulis, et on rejoint facilement le refuge. Vu la météo, on était très satisfaits d’avoir choisi cette voie et d’avoir pu profiter du créneau de beau temps 🙂 Nous avons ensuite eu toute l’aprèm pour bouquiner, nous balader, et prendre l’apéro avec la sœur de Cricri -« Momo »- et son mari Eric… On retrouve aussi Alex et Steve, qui se sont finalement décidés à nous rejoindre !

Pointe des cinéastes, Variante Chaud et traversée

Pour une première course dans les Alpes, Momo et Eric ne risquaient pas d’être déçus avec cette belle classique ! Nous partons du refuge de bon matin, afin de gravir tranquillement la variante Chaud et de garder une bonne marge horaire, ne sachant pas quelle serait leur vitesse de progression en corde tendue sur les arêtes. L’approche est courte et agréable, la sente qui remonte le pierrier est excellente et nous mène à l’attaque alternative par la cheminée : première longueur avec un seul petit pas facile à protéger (IV-), et relais sous le bastion raide de la première pointe.
La seconde longueur (IV/IV+) est magnifique, on monte dans un couloir-dièdre qui devient surplombant, et dont on s’échappe par un mur raide et très prisu à gauche, ambiance aérienne et très belle escalade ! La longueur suivante est encore raide et aérienne, un peu plus délicate à protéger, c’est très agréable d’avoir une telle ambiance dans une voie de difficulté moyenne…
Une dernière longueur en rocher moyen mène au sommet de la première pointe, c’est le début de la traversée classique ! Eric et Momo on très bien géré cette première partie, on n’a pas regretté d’avoir snobé l’attaque usuelle 🙂

Une courte désescalade donne accès à l’arête classique, où nous devancent une cordée partie du refuge et deux cordées parties du pré, toutes passées par l’attaque usuelle. On parcours tranquillement la seconde pointe, puis on profite des embouteillages du « crux » pour faire une petite pause sur une belle terrasse et pour donner quelques conseils à Momo et Eric. C’est ensuite Cricri qui s’attaque au troisième ressaut, pas si facile à grimper ! J’ai trouvé ce ressaut relativement comparable à ce qu’on grimpe à Sialouze, malgré une lettre d’écart (AD-D)… L’ambiance est toujours démente, et le rocher est très bon. Le passage du toit n’est pas trop difficile, il n’y a qu’un mouvement à faire pour se rétablir, et on peut « artifer » sans soucis. Par contre les fissures qui précédent étaient plus délicates, mais nous étions dans le mauvais système de fissures (trop à droite)… Bravo cricri !

Une jolie traversée dans des écailles permet de contourner un gendarme, puis on escalade la quatrième pointe par du rocher à écailles magnifique, sur un fil aérien. Ce passage est facile (III), mais que l’escalade est agréable ! On pourrait continuer pendant 500m sans se lasser…
Un court rappel donne accès à la cinquième pointe, qu’on ne distingue effectivement pas… Puis un dernier fil en beau rocher nous amène au sommet de la sixième pointe, il est malheureusement déjà temps de descendre… Nous avions envisagé de continuer à la neuvième et dernière pointe, mais un névé nous inquiète (nous n’avons pas les crampons) et la fatigue gagne les cordées.
Trois rappels nous déposent dans un couloir de gradins qui se descend facilement à pieds, et nous rejoignons vite le sentier malgré quelques acrobaties sur un petit névé 😉
Nous avons tous adoré cette belle arête, qui mérite sa renommée, et que je trouve plus belle et agréable à escalader que l’arête de Sialouze. Bien que cotée AD, elle m’a donnée la sensation de faire plus d’escalade !

 

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